ï»żVincentPeltier, paisible employĂ© aux « Eaux et forĂȘts » Ă  Limoges, est incitĂ© Ă  dĂ©missionner Ă  cause d’une rĂ©vision des effectifs, ce qu’il IrrĂ©ductible - Juvelize - Moselle Village du Pays du Saulnois en Moselle - Site non officiel. Lacitation complĂšte est « L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant ». C’est une citation de Pascal, philosophe du XVII e siĂšcle. A travers cette Cassirer- l'homme, un "animal symbolique". L'homme a, pour ainsi dire, dĂ©couvert une nouvelle mĂ©thode d'adaptation au milieu. Entre les systĂšmes rĂ©cepteur [perception sensorielle] et Le Roseau pensant, mĂ©taphore de la subjectivitĂ© chez Blaise Pascal.Cette citation est la plus cĂ©lĂšbre de Blaise Pascal, philosophe français. C’est un extra L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'Ă©craser: une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers l'Ă©craserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien. Toute notre Leroseau, poussant dans les zones humides, est l’image de la faiblesse et de la fragilitĂ© de l’homme. C’est en parlant de Jean-Baptiste, que JĂ©sus utilise l’image du roseau. Nous connaissons tous cette cĂ©lĂšbre pensĂ©e de Blaise Pascal : “L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau Le 1er site d’information sur l’actualitĂ©. Retrouvez ici une info de la thĂ©matique Livres du 19 avril 2007 sur le sujet L'HOMME, CE ROSEAU PENSANT, d'Axel Kahn K8sBQ8Z. VoilĂ  un livre passionnant sur les racines de la nature humaine, Ă©crit par Axel Kahn docteur en mĂ©decine, docteur Ăšs sciences, gĂ©nĂ©ticien,directeur de recherche Ă  l'INSERM, essayiste français, frĂšre du journaliste Jean-François Kahn et du chimiste Olivier Kahn. Cet essai est, certes, parfois un peu ardu, mais il y a des passages vraiment trĂšs forts ... Je vous propose le tout dĂ©but de ce livre, qui plante bien le dĂ©cors.... D'autres passages suivront dans les jours qui viennent. Nous sommes, en tant qu'Homo sapiens, d'une affligeante banalitĂ© biologique et gĂ©nĂ©tique. Sur le plan gĂ©nĂ©tique, notre proximitĂ© avec les grands singes est considĂ©rable ; elle atteint 98,7 % avec le chimpanzĂ©, elle est encore de 80 % avec les souris et de 50 % avec la levure. Les caractĂ©ristiques gĂ©nĂ©tiques de l'homme sont ainsi proches de celles d'une grande diversitĂ© d'ĂȘtres vivants. De plus, les primates catarhiniens du genre Homo et de l'espĂšce Sapiens - nous, en d'autres termes - ne comptent pas mĂȘme parmi les mammifĂšres qui ont Ă©voluĂ© le plus vite. Un travail statistique rĂ©alisĂ© en 2004 Ă  partir de sĂ©quences d'ADN de plusieurs espĂšces a infĂ©rĂ© ce que pouvait ĂȘtre le gĂ©nome de l'ancĂȘtre commun des mammifĂšres actuels Ă  l'exception des Ă©lĂ©phants, des fourmiliers et des musaraignes. L'Ă©volution humaine apparaĂźt, dans cette Ă©tude, avoir Ă©tĂ© plus lente que pour d'autres espĂšces. En effet, les primates et Homo sapiens ne divergent que de 8,5 % par rapport Ă  l'ancĂȘtre commun qui a vĂ©cu il y a entre 75 et 100 millions d'annĂ©es. Les vaches en diffĂšrent de 13 % et les souris de 12 %. Nous sommes non seulement d'une grande banalitĂ© mais, d'un point de vue gĂ©nĂ©tique, n'avons pas mĂȘme Ă©tĂ© particuliĂšrement innovants. Pourtant, nous sommes sans aucun doute les seuls Ă  nous Ă©tonner de cette Ă©trangetĂ©, Ă  connaĂźtre cette proximitĂ© et cette diffĂ©rence gĂ©nĂ©tique, Ă  nous interroger sur sa signification et Ă  tenter d'analyser les mĂ©canismes de notre spĂ©cificitĂ© et de nos capacitĂ©s mentales. D'oĂč nous vient cette aptitude Ă  nous poser la question de notre origine, de notre nature, de nos pouvoirs, de notre responsabilitĂ© ? En bref, comment peut-on expliquer l'Ă©mergence Ă©volutive du roseau pensant dont parle Blaise Pascal ? PensĂ©es, fragments 339 , 346 ? 347 et 348 . Je puis bien concevoir un homme sans mains, pieds, tĂȘte car ce n'est que l'expĂ©rience qui nous apprend que la tĂȘte est plus nĂ©cessaire que les pieds.Mais je ne puis concevoir l'homme sans pensĂ©e ce serait une pierre ou une brute. PensĂ©e fait la grandeur de l'homme. L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'Ă©craser une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais quand l'univers l’écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, puisqu'il sait qu'il meurt, et l’avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien. Toute notre dignitĂ© consiste donc en la pensĂ©e. C'est de lĂ  qu'il faut nous relever et non de l'espace et de la durĂ©e, que nous ne serions remplir. Travaillons donc Ă  bien penser voilĂ  le principe de la morale. Roseau pensant, ce n'est point de l'espace que je dois chercher ma dignitĂ©, mais c'est du rĂšglement de ma pensĂ©e. Je n'aurai pas davantage en possĂ©dant des terres par l'espace, l'univers me comprend et m’engloutit comme un point ; par la pensĂ©e, je le comprends. » Le propos de ce livre est d'explorer cet entre-deux,d'un cĂŽtĂ© un ĂȘtre biologique ordinaire et faible qu'un rien peut dĂ©truire, point englouti dans l'univers, d'un autre cĂŽtĂ© une pensĂ©e humaine prenant conscience d'elle-mĂȘme, pensĂ©e connaissante donnant Ă  l'homme accĂšs aux causes de sa fragilitĂ© et aux lois de la nature, y compris de sa nature propre. Allez, au plaisir de vous lire ... Ajouter un rĂ©trolien URL de rĂ©trolien Dans le Discours de la mĂ©thode IV partie, Descartes commence par faire la distinction entre le domaine des mƓurs et celui de la vĂ©ritĂ© en constatant que chacun possĂšde une mĂ©thode propre. En effet, d’une part, pour les mƓurs, il s’agit de suivre des opinions qu’on sait ĂȘtre fort incertaines comme si elles Ă©taient indubitables. L’incertitude de futur contingence et des actions d’autrui rendent toute dĂ©libĂ©ration et dĂ©cision incertaines. On ne peut donc que se baser sur du probable. L’urgence de l’action me pousse Ă  trancher Cf. libre-arbitre TroisiĂšme mĂ©ditation et donc Ă  faire comme si l’incertain Ă©tait certain. D’autre part, pour rechercher la vĂ©ritĂ©, je dois me dĂ©faire de toute opinion qui comporte le moindre doute afin de m’assurer que j’ai bien Ă  faire Ă  une vĂ©ritĂ© absolument certaine, indubitable. Ainsi, Descartes dĂ©cide de passer au crible au tamis tout ce qu’il sait afin de savoir s’il resterait quelque chose de parfaitement certain la pĂ©pite d’or. Trois domaines d’application seront vĂ©rifiĂ©s 1- les sens je constate que mes sens parfois me trompent, je suis victime d’illusions sensorielles ex bĂąton rompu dans l’eau; La Terre tourne et nous ne le sentons pas = je les rejette. 2-les raisonnements mĂȘme en mathĂ©matiques qui pourtant est la science exacte par excellence je constate que des erreurs de calcul sont possibles = je les rejette 3-toutes pensĂ©es je constate que tout ce que je pense actuellement pourrait trĂšs bien me venir dans mes songes lien avec Inception = je les rejette. On peut dĂšs lors constater que le doute utilisĂ© ici est exagĂ©rĂ©, hyperbolique puisqu’il suffit qu’il y ait le moindre doute mĂȘme infime pour que tout soit rejetĂ©; mĂȘme les mathĂ©matiques qui sont pourtant le paradigme de la certitude. Peut-on dire pour autant que Descartes est un sceptique ? Non pas. Le texte nous fournit dĂ©jĂ  une rĂ©ponse puisqu’à la fin il s’oppose Ă  eux. De plus, Descartes Ă©tait un grand physicien et mathĂ©maticien; rejeter les sens et les raisonnements rendrait impossibles tous ses travaux. Le doute est donc temporaire le temps de la mĂ©ditation, l’expĂ©rience de pensĂ©e et par consĂ©quent mĂ©thodique. Au terme de cette expĂ©rience, que reste-t-il ? Y a-t-il quelque chose qui rĂ©siste Ă  ce doute radical Ă  la racine ? C’est Ă  ce moment qu’apparaĂźt le fameux cogito cartĂ©sien cogito en latin je pense=> et oui ! cogiter ça vient de lĂ  !; cartĂ©sien = adjectif de Descartes => qui a donnĂ© ĂȘtre cartĂ©sien, logique, rigoureux. On dit cogito car il existe une formulation latine du je pense donc je suis » qui se trouve dans les MĂ©ditations mĂ©taphysiques cogito ergo sum dans lesquelles il fait intervenir un malin gĂ©nie pour supposer qu’il est dupĂ© et donc que toute connaissance est incertaine. Cf. rĂ©viser en vidĂ©o Je pense donc je suis » serait donc la pĂ©pite d’or que Descartes cherchait. Mais pourquoi est-ce donc indubitable ? Commençons par le je pense » Pendant que je pense que tout est faux, incertain, il faut bien que moi qui le pensai fusse quelque chose. laissons pour le moment de cĂŽtĂ© ce quelque chose ». Quand je pense, je ne peux pas penser que je ne pense pas. Si je doute que je doute, je doute encore = le doute ne peut porter sur lui-mĂȘme. Ainsi, la conscience mĂȘme si l’usage de ce mot est anachronique ici car il n’apparaitra en français qu’en 

. est la premiĂšre vĂ©ritĂ© indubitable. Cette vĂ©ritĂ© ne porte pas sur le monde extĂ©rieur ni sur mĂȘme sur mon propre corps car j’ai doutĂ© de cela juste avant. C’est une vĂ©ritĂ© logique, Ă©vidente, intuitive et absolue. Logique car ma raison seule suffit pour l’apprĂ©hender; Intuitive et Ă©vidente car non dĂ©monstrative car une dĂ©monstration se fonde toujours sur des vĂ©ritĂ©s antĂ©rieures elles-mĂȘmes Ă  dĂ©montrer; Absolue car elle ne dĂ©pend que d’elle-mĂȘme, n’est pas relative Ă  autre chose. je suis » Je suis quoi ? Qui ? Je suis Descartes; Je suis un homme; Je suis vivant; Je suis Mme Renard; Je suis Arnold Schwarzenegger
 Je suis juste un ĂȘtre pensant, Descartes dira une chose pensante ». Ainsi ce je » est impersonnel, anonyme. donc » Ce donc n’est pas dĂ©ductif mais simultanĂ©. En mĂȘme temps que je pense, j’existe. Ma pensĂ©e rĂ©vĂšle mon existence en tant qu’ĂȘtre pensant, conscient. Ainsi mĂȘme si tout autour de moi est illusoire, je ne peux douter du fait que je pense. Je sais que je suis mais pas encore qui je suis. Maigre consolation me direz-vous ? Descartes affirme ici la condition de toute connaissance, le pivot, le principe origine et fondement de la philosophie au sens large connaissance qu’il cherchait ». Pourquoi Descartes ressent-il le besoin de trouver cette vĂ©ritĂ© indubitable ? Bien plus qu’une lubie de philosophe dans son bureau, cette dĂ©marche s’inscrit dans un contexte scientifique en crise. En effet, Descartes a diffĂ©rĂ© la publication de son Discours de la mĂ©thode qui est une prĂ©face Ă  un traitĂ© scientifique en apprenant les dĂ©boires de GalilĂ©e avec l’Inquisition. La science de l’époque subit une vĂ©ritable rĂ©volution et notamment dans ses mĂ©thodes. En effet, dans de nombreux domaines, on constate une remise cause de tout ce qui Ă©tait enseignĂ© et Ă©tudiĂ© depuis des siĂšcles. Descartes a suivi les enseignements de la philosophie de l’Ecole ou Scolastique inspirĂ©e des thĂ©ories aristotĂ©liciennes Aristote. Il constate alors que la science de l’époque est comparable Ă  une maison sur pilotis sur terrain meuble, c’est-Ă -dire, qu’elle s’effondre n’étant pas construite sur des fondations, des bases solides. Texte de Pascal PensĂ©es Pascal met en Ă©vidence la double nature paradoxale de l’homme grand et misĂ©rable misĂ©rable pas au sens social = malheureux, mortel finitude grand on sait qu’on va mourir conscience de notre finitude. Cette grandeur est une diffĂ©rence de nature et non de degrĂ© car l’arbre ne se connait pas misĂ©rable » et l’univers n’en sait rien ». La pensĂ©e ou conscience ici est une qualitĂ© essentielle Ă  l’homme et non accidentelle car on ne peut concevoir un homme sans pensĂ©e », elle le dĂ©finit en propre. L’homme est alors comparĂ© Ă  un roseau mĂ©taphore filĂ©e de la vĂ©gĂ©tation ce qui met en Ă©vidence sa vulnĂ©rabilitĂ©. Une seule goutte suffirait Ă  le dĂ©truire. Ici Pascal utilise l’hyperbole pour accentuer le paradoxe. Ce roseau est qualifiĂ© de faible misĂ©rable et pensant grandeur. Faible vient Ă©tymologiquement de digne d’ĂȘtre pleurĂ© ». MalgrĂ© sa faiblesse, l’homme est grand, noble et digne. Ces trois termes ne dĂ©signent pas ici le domaine social mais bien moral. Pascal utilise sciemment ces termes afin de critiquer ceux qui cherchent Ă  exister par l’espace et le temps » autrement dit en possĂ©dant des terres » et en laissant leur trace dans l’histoire. Pascal dĂ©nonce ici la vanitĂ© de ceux qui cherchent Ă  relever de l’espace et de la durĂ©e ». En plus d’ĂȘtre vain, puisque nous ne sommes qu’un point » dans l’univers infini passage du monde clos Ă  l’univers infini rĂ©vĂ©lĂ© par la science de l’époque, c’est prĂ©somptueux. Pascal nous invite donc Ă  faire voeu d’humilitĂ© et Ă  se considĂ©rer comme Un nĂ©ant Ă  l’égard de l’infini, un tout Ă  l’égard du nĂ©ant, un milieu entre rien et tout. » notez le jeu de mot avec comprend ». De plus, cette prise de conscience de notre finitude est le principe origine et fondement de la morale. Pourquoi ? Parce que savoir que le temps est comptĂ© nous pousse Ă  s’occuper de l’essentiel, du vrai, du bon et non du superflu. Vivre comme si chaque jour Ă©tait le dernier nous fait agir diffĂ©remment. il suffit de voir l’immoralitĂ© des divinitĂ©s mythologiques, seul moyen d’occuper cette interminable Ă©ternitĂ©. Mais n’aurions-nous pas plutĂŽt envie de profiter de la vie, de jouir des plaisirs si on peut mourrir demain ? Aurions-nous rĂ©ellement envie d’ĂȘtre bons, moraux ? et non, tels des hĂ©donistes, nous divertir ? C’est justement ce dont Pascal nous met en garde. L’homme a tendance Ă  se duper lui-mĂȘme, Ă  se mentir Ă  lui-mĂȘme pour fuir sa condition sa finitude. PlutĂŽt que de penser Ă  cela, il s’occupe l’esprit Ă  d’autres activitĂ©s travail, guerre, jeux
. Il se divertit et non se convertit, se dĂ©tourne de son essence, de ce pour quoi il est fait. Texte de Locke Dans cet extrait de l’Essai sur l’entendement humain, Locke soutient que le mĂȘme homme peut constituer plusieurs personnes. ThĂšse paradoxale, car d’ordinaire on serait plutĂŽt portĂ© Ă  croire que l’homme, Ă  savoir l’individu membre de l’espĂšce humaine, et la personne, le sujet qui pense et qui dit je », sont indissociables. Locke, Mais s’il est possible Ă  un mĂȘme homme d’avoir en diffĂ©rents temps une conscience distincte et incommunicable, il est hors de doute que le mĂȘme homme doit constituer diffĂ©rentes personnes en diffĂ©rents temps
 » Comment comprendre cette affirmation ? Locke commence par une hypothĂšse imaginons un amnĂ©sique, incapable de souvenir et ne sachant pas qu’il a oubliĂ©. Pourrait-on dire qu’il s’agit du mĂȘme homme ? Le problĂšme ainsi posĂ© est celui de l’identitĂ© personnelle. Qui sommes-nous ? La tendance habituelle est d’identifier le sujet et l’individu physique, l’homme. Cet homme vit des expĂ©riences diverses dont il se souvient, du moins est-ce le cas la plupart du temps. Mais s’il ne s’en souvient plus ? Que nous nous en souvenions ou pas, ces expĂ©riences ont eu lieu, elles font partie de notre identitĂ©, dira-t-on. Mais est-ce vraiment le cas ? L’individu, autrui, la sociĂ©tĂ©, le considĂšrent-ils comme la mĂȘme personne ? Car comment pourrais-je ĂȘtre la mĂȘme personne » si je n’ai plus la possibilitĂ© d’unifier les diffĂ©rentes expĂ©riences que j’ai vĂ©cues ? Ce qui fait l’unitĂ© de la personne, n’est-ce pas justement cette facultĂ© de se rapporter Ă  soi, Ă  ce que l’on a vĂ©cu ? Locke souligne l’ambiguitĂ© dans l’usage du mot Je » Distinguons mieux les deux sens quand nous disons Je », nous pensons soit Ă  notre existence en tant qu’individu membre de l’espĂšce humaine, c’est-Ă -dire Ă  notre constitution physique, soit nous pensons Ă  notre existence en tant que personne psychologique, c’est-Ă -dire Ă  l’ensemble de nos Ă©tats intĂ©rieurs, pensĂ©es, sensations, Ă©motions, sentiments, souvenirs. Si nous croyons que c’est la mĂȘme personne, alors qu’il y a eu une rupture dans le cours de la vie consciente, c’est que nous nous rĂ©fĂ©rons Ă  la permanence de l’individu. Certes celui-ci change, il grandit, il vieillit, il se modifie, mais il reste le mĂȘme. Il y a une stabilitĂ© globale de l’individualitĂ© physique. Mais si on prend la notion de personne, on voit bien que son unitĂ© dĂ©pend de la continuitĂ© entre les diffĂ©rentes expĂ©riences vĂ©cues. Je me souviens de ce que j’ai vĂ©cu, et c’est ainsi, et seulement ainsi, que je peux lĂ©gitimement dire et croire que je suis le mĂȘme ». S’il y a rupture dans la continuitĂ© de la vie consciente, si le mĂȘme homme, l’individu physique tel qu’on le connaĂźt et l’observe, ne se souvient plus de ce qu’il a Ă©tĂ© , de ce qu’il a pensĂ©, voulu, et fait, alors il faut conclure que cet homme n’est pas la mĂȘme personne. L’amnĂ©sie montre qu’il est possible d’avoir en mĂȘme temps une continuitĂ© physique et une discontinuitĂ© psychologique. Le mĂȘme individu peut avoir des consciences incommunicables » il a Ă©tĂ© conscient de certaines choses mais il ne l’est plus. Sa personne est faite de l’ensemble des souvenirs qu’il a vĂ©cus. Or il peut arriver, c’est possible, qu’il ne se souvienne pas de ce qu’il a vĂ©cu. Ce qui prouve bien que tout en Ă©tant le mĂȘme homme », c’’est-Ă -dire le mĂȘme individu, il n’est pas la mĂȘme personne. C’est donc Ă  tort que l’on disait que c’était le mĂȘme ». Car il n’y a pas de continuitĂ©, il n’y a pas d’identitĂ©. Je ne sais plus ce que j’ai fait, voulu, pensĂ©, donc celui qui a fait cela, qui a voulu cela, qui a pensĂ© cela, ce n’est pas moi. Et Locke va suggĂ©rer que ce n’est pas lĂ  seulement une consĂ©quence logique mais c’est aussi un sentiment du genre humain ». Que veut-il dire par lĂ  ? Y aurait-il consensus Ă  propos de cette distinction Ă©trange ? Locke propose deux arguments pour justifier ce consensus ? Le premier argument fait appel aux lois humaines. On ne punit pas le fou pour les actes qu’aurait commis l’homme de bon sens, ni l’homme de bon sens pour les actes qu’aurait commis le fou. C’est le mĂȘme homme, au sens physique, et pourtant on fait une distinction. Car la loi s’applique Ă  des personnes. Or, puisqu’elle s’applique diffĂ©remment selon l’état psychologique de l’individu, c’est que l’on prĂ©suppose qu’il s’agit de personnes diffĂ©rentes. Notons au passage que la premiĂšre Ă©ventualitĂ© est plus rare l’homme fou n’est pas puni pour les actes de l’homme sain d’esprit. En gĂ©nĂ©ral, c’est plutĂŽt la seconde situation qui se prĂ©sente on ne punit pas l’homme sain d’esprit pour ce qu’il a fait sous l’emprise de la folie. Notons aussi au passage que la condition qui Ă©tait d’abord supposĂ©e n’est plus ici aussi Ă©vidente car l’homme qui a recouvrĂ© la santĂ© mentale, ou du moins qui a suffisamment de santĂ© mentale pour ĂȘtre accessible Ă  un jugement, se souvient parfois de ce qu’il a fait quand il Ă©tait sous l’emprise de la folie. Mais comme on juge qu’il n’était pas alors maĂźtre de lui-mĂȘme, on estime qu’on ne doit pas le punir. La punition n’a en effet de sens que si elle s’adresse Ă  la mĂȘme personne. Or cette condition a ici disparu. Ce n’est plus la mĂȘme personne alors que c’est le mĂȘme homme. Locke s’en tient lĂ  il y voit la confirmation, par l’accord des consciences sur un plan juridique, de la thĂšse qu’il soutient la personne suppose une continuitĂ© psychologique, alors que la notion d’individu ne s’arrĂȘte qu’à l’unitĂ© physique. Il peut donc y avoir, et le droit le reconnaĂźt, plusieurs personnes pour un mĂȘme individu. Le second argument est d’ordre linguistique. Comment parle-t-on communĂ©ment ? Ne dit-on pas parfois du mĂȘme individu qu’il n’est plus lui-mĂȘme ? Qu’il peut ĂȘtre hors de lui » ? Ces façons de parler sont des façons de penser qui rejoignent la thĂšse de l’auteur. Car si un mĂȘme je » peut ĂȘtre hors de lui », c’est qu’il n’est pas la mĂȘme personne. Il est hors » de sa personne habituelle, puisqu’il est toujours dans » le mĂȘme corps. Le soi », qu’il faut comprendre ici comme le je » l’acte de se rapporter Ă  soi a changĂ© alors que l’individu physique s’est maintenu. Certes ceux qui se servent prĂ©sentement de ces expressions ne pensent pas forcĂ©ment jusqu’au bout ce que ces expressions signifient. Mais lorsque ces expressions ont Ă©tĂ© instituĂ©es, c’est bien ce qu’elles signifiaient. Et elles signifient bien que le mĂȘme homme peut ĂȘtre habitĂ© par des personnes diffĂ©rentes. Ce qui rĂ©sume la thĂšse de Locke. Pour plus d’informations voir cet article Bonjour Mon amie, “Dieu vit que la mĂ©chancetĂ© des hommes Ă©tait grande sur la terre, et que toutes les pensĂ©es de leur cƓur se portaient chaque jour uniquement vers le mal.” GenĂšse Voici la premiĂšre fois, oĂč dans la Bible, il est fait mention des pensĂ©es des hommes. Ce qui dĂ©coule de cette dĂ©claration, c’est que cette prĂ©cieuse capacitĂ© de penser, dont le genre humain fut dotĂ©, fut fortement endommagĂ©e par la chute. Les termes employĂ©s sont trĂšs forts “toutes les pensĂ©es” pas uniquement quelques-unes, “chaque jour” pas uniquement Ă  l’occasion, “uniquement” une exclusivitĂ© totale. Les hommes avaient laissĂ© leurs pensĂ©es s’orienter uniquement vers le mal. La chute n’a pas enlevĂ© aux hommes leur capacitĂ© de penser, mais elle en a altĂ©rĂ© le bon fonctionnement. Cette capacitĂ©, spĂ©cifiquement humaine, a Ă©tĂ© l’objet de nombreuses investigations philosophiques et scientifiques. La modestie de ces partages quotidiens, n’a pas pour objet de discuter du cĂ©lĂšbre “Je pense donc je suis” de Descartes, ou de la dĂ©claration trĂšs matĂ©rialiste de Pierre Cabanis disant “Le cerveau sĂ©crĂšte la pensĂ©e comme le foie sĂ©crĂšte la bile”. Je prĂ©fĂšre de loin, ce que dit le chrĂ©tien Blaise Pascal “L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer
 Toute notre dignitĂ© consiste donc en la pensĂ©e. C’est de lĂ  qu’il faut nous relever et non de l’espace et de la durĂ©e, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc Ă  bien penser voilĂ  le principe de la morale.” La chute ayant perturbĂ© cette capacitĂ© humaine, peut-on rĂ©cupĂ©rer un bon fonctionnement de nos pensĂ©es ? En Adam, nous sommes tous dĂ©chus, notre capacitĂ© de penser est dĂ©chue, mais en Christ nous sommes sauvĂ©s, notre capacitĂ© de penser sainement est restaurĂ©e. Sans Christ, dit l’Ecriture, nous “accomplissions les volontĂ©s de nos pensĂ©es vaines et corrompues” EphĂ©siens Maintenant en Christ, nous sommes morts aux pensĂ©es de notre chair et avons la pensĂ©e de Christ en nous “Or, nous, nous avons la pensĂ©e de Christ” 1 Corinthiens Le salut va bien au-delĂ  du pardon de nos pĂ©chĂ©s, il englobe aussi la rĂ©gĂ©nĂ©ration de nos pensĂ©es. Dans le livre des Actes, l’apĂŽtre Pierre est confrontĂ© Ă  un certain Simon qui avait Ă©tĂ© baptisĂ©, et qui suivait Philippe partout Actes mais dont les pensĂ©es de son cƓur n’avaient pas Ă©tĂ© rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©es Actes Ma priĂšre en ce jour Seigneur, que cette capacitĂ© de penser, que tu as donnĂ©e Ă  tous les hommes, soit rĂ©gĂ©nĂ©rĂ©e en moi. Donne-moi la pensĂ©e de Christ. Amen ! Vous avez aimĂ© ? Partagez autour de vous ! Citation homme est un roseau pensant DĂ©couvrez une citation homme est un roseau pensant - un dicton, une parole, un bon mot, un proverbe, une citation ou phrase homme est un roseau pensant issus de livres, discours ou entretiens. Une SĂ©lection de 5 citations et proverbes sur le thĂšme homme est un roseau pensant. 5 citations > Citation de Blaise Pascal n° 168074 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 473 votesL'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'Ă©craser une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers l'Ă©craserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien. Toute notre dignitĂ© consiste donc en la pensĂ©e. C'est de lĂ  qu'il nous faut relever et non de l'espace et de la durĂ©e, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc Ă  bien penser voilĂ  le principe de la 1670, 347 de Blaise PascalRĂ©fĂ©rences de Blaise Pascal - Biographie de Blaise PascalPlus sur cette citation >> Citation de Blaise Pascal n° 168073 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 470 votesL'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau 1670, VI, 347 de Blaise PascalRĂ©fĂ©rences de Blaise Pascal - Biographie de Blaise PascalPlus sur cette citation >> Citation de Blaise Pascal n° 86173 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 466 votesL'homme est un roseau pensant inconsolable et et gai 1995 de Guy BedosRĂ©fĂ©rences de Guy Bedos - Biographie de Guy BedosPlus sur cette citation >> Citation de Guy Bedos n° 44595 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 467 votesL'homme est un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'Ă©craser une vapeur, une goutte d'eau suffit pour le 1670, 347 de Blaise PascalRĂ©fĂ©rences de Blaise Pascal - Biographie de Blaise PascalPlus sur cette citation >> Citation de Blaise Pascal n° 9744 - Ajouter Ă  mon carnet de citations Notez cette citation - Note moyenne sur 468 votes< Page 1/1Votre commentaire sur ces citations H - Habit - Habitat - Habitude - Haine - HaĂŻr - Hair - Hasard - Hate - Hebergement - Heresie - Heritage - Heroisme - Heros - Heure - Heure - Heureux - Hierarchie - Histoire - Homme - Homme femme - Homme heureux - Homosexualite - HonnĂȘte - HonnĂȘtetĂ© - HonnĂȘtetĂ© - Honneur - Honte - Horizon - Hote - Hotel - Humain - Humanisme - Humanite - Humeur - Humiliation - HumilitĂ© - Humilite - Humoristique - Humour - Hypocrisie ThĂšmes populaires + Autres belles citations et proverbes sur homme est un roseau pensant Toutes les citations sur homme est un roseau pensant Citation sur homme Citations courtes homme PoĂšmes homme est un roseau pensant Proverbes homme est un roseau pensant Etendez votre recherche avec le dictionnaire des dĂ©finitionsThĂšmes populairesCitations d'amour Citations sur l'amour Citations sur l'amitiĂ© Citations sur la vie Citations sur le bonheur Citations sur les femmes Citations sur le couple Citations sur la sagesse Citations sur la tristesse Citations sur la mort Citations sur la nature Citations sur l'absence Citations sur le manque Citations sur l'enfance L’opinion courante tend Ă  considĂ©rer que l’homme est en gĂ©nĂ©ral un ĂȘtre rationnel ses propos comme ses comportements et ses dĂ©cisions sont le fruit d’une pensĂ©e logique. S’il se met parfois Ă  dire et agir Ă  contresens, ce ne peut ĂȘtre que sous le coup d’une puissante Ă©motion telle que peur, colĂšre ou affection. Or depuis la fin des annĂ©es 1970, les sociologues et les psychologues tendent plutĂŽt Ă  considĂ©rer que si des erreurs systĂ©matiques et persistantes sont commises, elles sont aussi attribuables Ă  des dĂ©ficits cognitifs dont l’homme ne se rend pas compte. En particulier, la pensĂ©e intuitive, souvent en premiĂšre ligne, conduit Ă  des raccourcis simplificateurs qui forgent des partis pris nuisibles Ă  la capacitĂ© de jugement. Si l’homme est un roseau qu’une goutte d’eau peut terrasser, il a l’avantage, car il pense, de savoir qu’il meurt alors que la goutte d’eau n’a aucune idĂ©e de l’avantage qu’elle a sur l’homme, ainsi que nous le dit Blaise Pascal dans ses PensĂ©es. Cependant, sans nier l’extraordinaire et exclusive facultĂ© de penser de l’ĂȘtre humain, on constate que l’évolution du monde vers toujours plus de complexitĂ© fait que sa rationalitĂ© devient limitĂ©e. C’est la thĂ©orie qu’a dĂ©veloppĂ©e Herbert Simon 1916-2001, Ă©conomiste et sociologue amĂ©ricain titulaire du prix Turing 1975 et du Prix Nobel d’économie 1978. Selon lui, le monde est vaste et complexe tandis que le cerveau humain et sa capacitĂ© de traitement de l’information sont comparativement trĂšs limitĂ©s. En consĂ©quence, les prises de dĂ©cision ne sont plus tant rationnelles qu’un constant effort pas toujours atteint vers la rationalitĂ©. Le nouveau concept de rationalitĂ© limitĂ©e mis en Ă©vidence par Herbert Simon dĂ©clencha d’abondantes recherches sur les biais cognitifs, en particulier les travaux de Tversky et Kahneman, et sur les dĂ©cisions absurdes. Dans cet article, pour lequel j’ai utilisĂ© les sources * dĂ©taillĂ©es ci-dessous, j’aimerais en prĂ©senter une sĂ©lection, mĂ©lange de phĂ©nomĂšnes frĂ©quents et de curiositĂ©s Ă  connaĂźtre. Il me semble utile, au quotidien comme dans la vie professionnelle, de prendre conscience des piĂšges dans lesquels notre raisonnement peut tomber et de pouvoir compter rapidement sur quelques garde-fous. Parmi ceux-ci, la prĂ©sence Ă  nos cĂŽtĂ©s d’un avocat du diable »qui prend systĂ©matiquement le contrepied de tout ce qu’on dit est incroyablement irritante mais comporte l’énorme avantage de nous aider Ă  prendre conscience de nos faiblesses argumentatives. La loi des petits nombres Nous sommes intuitivement d’assez bons grammairiens. DĂšs l’ñge de quatre ou cinq ans, nous nous plions sans problĂšme aux principales rĂšgles de grammaire sans mĂȘme les connaĂźtre. Par contre, nous sommes intuitivement de mauvais statisticiens. N’en soyons pas trop dĂ©solĂ©s, mĂȘme les personnes dont c’est le domaine d’expertise se trompent ainsi que l’a montrĂ© Kahneman suite Ă  une petite expĂ©rience assez amusante avec des professeurs de mathĂ©matique spĂ©cialistes des statistiques. La loi des petits nombres consiste Ă  oublier que les petits Ă©chantillons prĂ©sentent des rĂ©sultats extrĂȘmes plus souvent que les grands Ă©chantillons. C’est une mise en garde vis-Ă -vis des sondages avant mĂȘme de s’intĂ©resser au message du sondage X serait réélu avec 60 % des voix au second tour devant Y » il importe de vĂ©rifier la taille de l’échantillon et de s’intĂ©resser aux informations de fiabilitĂ© du sondage, chose que notre cerveau tend trop facilement Ă  oublier face au message principal. Cette Loi des petits nombres vaut aussi dans le temps. Ce n’est pas parce qu’une crue est centennale qu’elle ne pourra pas se produire deux annĂ©es de suite. Par contre, ces deux annĂ©es de suite forment un trop petit Ă©chantillon pour qu’on puisse en dĂ©duire quoi que ce soit sur la pĂ©riodicitĂ© de la crue. L’effet d’ancrage L’exemple donnĂ© par Kahneman est particuliĂšrement explicite. Il demanda Ă  des Ă©tudiants de faire tourner une roue de la fortune qui s’arrĂȘtait uniquement sur les chiffres 10 et 65, puis de noter les rĂ©ponses. Ensuite il leur posa deux questions Le pourcentage de pays d’Afrique aux Nations-Unies est-il supĂ©rieur ou infĂ©rieur aux chiffres que vous venez de noter ? Quel est selon vous le pourcentage de pays d’Afrique aux Nations-Unies ? On se doute que les Ă©tudiants auraient dĂ» ignorer complĂštement les rĂ©sultats de la roue de la fortune qui n’ont rigoureusement aucun rapport avec les pays membres de l’ONU. Et pourtant, ce ne fut pas le cas. Les estimations des Ă©tudiants Ă©taient ancrĂ©es » autour de 10 et 65. Cet effet d’ancrage survient lorsque l’on considĂšre une valeur particuliĂšre avant d’estimer une valeur inconnue. Exemple concret de la vie courante une nĂ©gociation immobiliĂšre. Que vous soyez acheteur ou vendeur, le mieux est d’annoncer un montant en premier. La partie adverse aura beaucoup de mal Ă  dĂ©placer la nĂ©gociation de ce niveau prĂ©-indiquĂ©. La rĂ©gression vers la moyenne C’est l’histoire d’une sĂ©rie alĂ©atoire de manoeuvres aĂ©riennes acrobatiques. L’instructeur a remarquĂ© que lorsqu’il fĂ©licite un Ă©lĂšve qui vient de faire une excellente performance, sa tentative suivante est ratĂ©e. Par contre, lorsqu’il souffle dans les bronches d’un Ă©lĂšve qui a ratĂ© l’exercice, la manoeuvre suivante est bien meilleure. D’oĂč il conclut qu’il ne faut pas fĂ©liciter mais rĂ©primander. En rĂ©alitĂ©, l’instructeur n’a pas tenu compte du caractĂšre alĂ©atoire des sĂ©ries acrobatiques rĂ©alisĂ©es par les Ă©lĂšves, et il donne beaucoup trop de poids Ă  ses interventions. Statistiquement, lorsqu’un Ă©lĂšve rate lourdement un exercice, il a toutes les chances de le rĂ©ussir mieux la fois suivante. De mĂȘme, lorsque la manoeuvre est parfaitement exĂ©cutĂ©e, les chances de la reproduire Ă  l’identique Ă  l’essai suivant sont faibles. C’est ce qu’on appelle le retour Ă  la moyenne. Le phĂ©nomĂšne des rĂ©compenses n’a rien Ă  voir avec ça. Cela veut dire notamment que le talent n’est jamais un Ă©lĂ©ment explicatif unique. La chance entre aussi en compte. Le phĂ©nomĂšne de la rĂ©gression vers la moyenne illustre particuliĂšrement bien une des difficultĂ©s de notre cerveau il tend Ă  vouloir trouver des causalitĂ©s partout alors qu’il n’y a souvent rien d’autre Ă  considĂ©rer qu’un alĂ©a statistique. Comme pour les blĂąmes et les rĂ©compenses de l’instructeur ci-dessus, nous sommes pris au piĂšge d’une contingence malheureuse. C’est triste Ă  penser, mais si l’on tend Ă  se montrer aimable avec les gens quand ils nous sourient et au contraire Ă  leur faire grise mine quand ils nous snobent, la rĂ©gression vers la moyenne implique automatiquement que nous seront rĂ©compensĂ©s de notre attitude hostile et pĂ©nalisĂ©s pour notre gentillesse. Le biais de la disponibilitĂ© en mĂ©moire Il s’agit de la tendance Ă  privilĂ©gier les Ă©vĂšnements rĂ©cents ou ceux qui nous viennent le plus facilement Ă  l’esprit, puis de bĂątir autour d’eux toute une histoire sans tenir compte d’évĂ©nements plus anciens. Ce biais est renforcĂ© lorsque l’évĂšnement en question nous affecte Ă©motionnellement. Nos gouvernements ne sont pas Ă  l’abri de ce genre de biais, en tout cas ils l’utilisent volontiers pour faire passer des lois sous le coup de l’émotion des populations aprĂšs un Ă©vĂ©nement trĂšs perturbant. Ah tiens, je pense tout Ă  fait par hasard au projet de Loi Renseignement. C’est peut-ĂȘtre une explication possible de l’adhĂ©sion assez massive des Français Ă  cette loi inutile et liberticide. Le pont de la riviĂšre Kwai Cette histoire de Pierre Boulle Ă©galement auteur du livre La PlanĂšte des Singes portĂ©e au cinĂ©ma par David Lean avec l’inoubliable Alec Guinness dans le rĂŽle du colonel Nicholson, est un exemple intĂ©ressant de dĂ©cision absurde. On dĂ©finit gĂ©nĂ©ralement cette derniĂšre comme Ă©tant une action radicale et persistante contre le but qu’on veut atteindre. L’absurditĂ© dĂ©coule de la contradiction interne. Le colonel anglais Nicholson, prisonnier en pleine jungle birmane avec ses soldats dans un camp japonais, rĂ©siste hĂ©roĂŻquement aux traitements inhumains que le colonel japonais SaĂŻto lui inflige afin de le faire cĂ©der Ă  ses prĂ©tentions de faire travailler aussi les officiers prisonniers sur un projet de pont enjambant le riviĂšre Kwai. C’est interdit par les conventions internationales et Nicholson ne compte pas s’y plier. Les hommes soutiennent leur colonel et le chantier n’avance pas. SaĂŻto finit par renoncer Ă  enrĂŽler les officiers, tandis que Nicholson, fort de sa victoire et fier du gĂ©nie militaire anglais face aux difficultĂ©s des ingĂ©nieurs japonais, soucieux Ă©galement d’occuper ses soldats, se met Ă  concevoir un pont et un plan de travaux qu’il propose Ă  son homologue japonais. Le pont sera construit sous les directives Ă©clairĂ©es de Nicholson au bĂ©nĂ©fice de l’ennemi. Le colonel anglais a tellement perdu de vu son but initial – le devoir de tout prisonnier de causer le plus de problĂšmes possibles aux autoritĂ©s du camp – il s’est tellement investi dans la construction du pont, qu’il ira jusqu’à s’interposer contre le commando alliĂ© chargĂ© de le faire sauter, et y perdra la vie. Vol British Midland Airways entre Londres et Belfast 1989 Quinze minutes aprĂšs le dĂ©collage, le Boeing 737 qui assure chaque soir la liaison entre Londres et Belfast se met Ă  vibrer bruyamment et de la fumĂ©e entre dans l’habitacle avec une forte odeur de brĂ»lĂ©. Les passagers assis Ă  l’arriĂšre de l’appareil voient nettement des flammes et des Ă©clairs sortir du rĂ©acteur. Il s’agit du moteur numĂ©ro 1 situĂ© Ă  gauche. Dans le cockpit, les pilotes sentent l’odeur de brĂ»lĂ© et perçoivent les vibrations. Compte tenu du circuit d’air conditionnĂ©, le commandant fait intĂ©rieurement l’hypothĂšse que c’est le moteur numĂ©ro 2 situĂ© Ă  droite qui est atteint. Le copilote observe les instruments de navigation et Ă  la question du commandant de savoir quel moteur est atteint il rĂ©pond It’s the le
it’s the right one. » Le commandant ordonne immĂ©diatement que le moteur 2 soit mis au ralenti. Les pilotes ont l’impression que les vibrations s’attĂ©nuent. Le commandant ordonne alors l’arrĂȘt complet du moteur 2 situĂ© Ă  droite, alors que c’est le moteur numĂ©ro 1 situĂ© Ă  gauche qui est en train de rendre l’ñme. Devant la panique des passagers, le commandant de bord fait une annonce pour les informer que le rĂ©acteur de droite a Ă©tĂ© endommagĂ©, ce qui a produit de la fumĂ©e, mais qu’il a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© et qu’ils vont atterrir dans quelques minutes. Les passagers qui ont vu les Ă©tincelles Ă  gauche sont stupĂ©faits et discutent entre eux, mais aucun n’ose porter cette contradiction Ă  l’attention gĂ©nĂ©rale. Les pilotes s’apercevront de leur erreur et tenteront de remettre en marche le moteur 2, mais trop tard. L’avion s’écrase, faisant 47 morts et 84 blessĂ©s graves. Cette affaire illustre non seulement une dĂ©cision absurde, mais peut-ĂȘtre surtout l’attitude silencieuse des non-experts dĂ©tenteurs d’informations vitales face Ă  des experts en rupture de sens. On pourrait citer des histoires similaires en mer ou en montagne, dans lesquelles la notion du skipper ou du guide seul maĂźtre aprĂšs Dieu » est un facteur aggravant du risque. Actuellement, les compagnies de guides, aussi bien en Suisse ou en Italie qu’en France, commencent Ă  adopter de nouvelles rĂšgles de prise de dĂ©cision dans des situations graves. Il revient au guide de faire part de ses inquiĂ©tudes Ă  sa cordĂ©e, mais les alpinistes sont tous invitĂ©s Ă  prendre la parole pour donner leur avis sur la poursuite de la course, l’attente ou le repli. L’information doit ĂȘtre partagĂ©e et la dĂ©cision finale prise en commun. L’exemple du vol Londres Belfast montre bien que si le processus de dĂ©cision avait prĂ©vu de stimuler la remontĂ©e d’information des passagers aux pilotes, l’accident aurait pu ĂȘtre Ă©vitĂ©. Dans le mĂȘme ordre d’idĂ©e, certaines compagnies aĂ©riennes donnent maintenant le pilotage au moins expĂ©rimentĂ© des pilotes afin que l’autre pilote, plus gradĂ©, n’ait pas peur de lui faire des remarques. Mais au fait, j’y pense, que dire du projet de Loi Renseignement qui vient d’entrer en examen Ă  l’AssemblĂ©e nationale ? Les mĂ©dias et les rĂ©seaux sociaux ont abondamment montrĂ© que si son objectif est bien de lutter contre le terrorisme en donnant des moyens de surveillance illimitĂ©s aux services de renseignement, cette loi qui se veut fiable Ă  99 % est totalement inutile. Elle aboutit Ă  faire surveiller tout le monde, Ă  inquiĂ©ter 10 innocents pour 1000 habitants et Ă  laisser filer les terroristes actifs qui n’auront aucun mal Ă  passer sous les radars. La persistance du gouvernement et le soutien reçu d’un nombre non nĂ©gligeable de dĂ©putĂ©s de l’opposition relĂšvent-ils de biais cognitifs, de dĂ©cisions absurdes ou de malignitĂ© volontaire ? * Sources Christian Morel Les dĂ©cisions absurdes, Editions Gallimard, 2002. Christian Morel est cadre dirigeant d’une grande entreprise et mĂšne une rĂ©flexion sociologique sur la nĂ©gociation et la dĂ©cision. Mintzberg, Ahlstrand, Lampel, Strategy Safari, chapter 6 the cognitive school, Pearson Education, 1998, 2009. Henry Mintzberg Mintzberg141 est un chercheur canadien en management et thĂ©orie des organisations. Daniel Kahneman SystĂšme 1 SystĂšme 2 Les deux vitesses de la pensĂ©e Thinking, fast and slow, Flammarion, 2012. Daniel Kahneman a reçu le prix Nobel 2002 pour ses thĂ©ories sur le jugement et la prise de dĂ©cision.

l homme est un roseau pensant texte